Il y a 83 ans, 14 000 patriotes chinois sacrifiaient leur vie en combattant les envahisseurs japonais au col de Kunlun, une bataille inscrite dans l'histoire. Si les stigmates de la guerre se sont depuis longtemps dissipés, le souvenir de ces héros demeure vivace. Le col de Kunlun se situe à la frontière du comté de Binyang et de la ville de Kunlun, dans la ville de Nanning, province du Guangxi, à 50 kilomètres de Nanning, la capitale du Guangxi. La légende raconte que le col de Binyang-Kunlun fut construit par le général Ma Yuan de la dynastie Han, il y a plus de mille ans. Porte d'entrée et rempart de la ville de Nanning, le col de Kunlun revêt une importance stratégique capitale : facile à défendre et difficile à attaquer, il est un lieu où « un seul homme peut tenir tête à dix mille », ce qui en a fait un site stratégique convoité par les stratèges militaires à travers l'histoire. Les archives historiques indiquent que plusieurs batailles d'envergure se sont déroulées au col de Kunlun à Binyang, la plus célèbre étant celle opposant Song Di Qing à Nong Zhigao et la guerre sino-japonaise de 1939. La porte porte l'inscription « Col de Kunlun » en trois caractères, ce qui lui vaut le surnom de « Barrière naturelle du Sud ». Le 18 décembre 1939, une bataille majeure opposa les forces chinoises et japonaises à cet endroit. Les deux camps alignaient des troupes aguerries : la principale force japonaise était la 5e division, une unité vétérane de la bataille de Taierzhuang, surnommée « Armée d'acier » ; la principale force chinoise était la 5e armée de l'Armée nationale révolutionnaire, commandée par le général Du Yuming et disposant du meilleur équipement de l'époque. Avec le soutien de la population locale, l'armée chinoise combattit avec acharnement pendant plus de dix jours et finit par reprendre le col de Kunlun à Binyang. Ce fut une autre victoire majeure de la guerre de résistance contre le Japon, après celles de Pingxingguan et de Taierzhuang. Après la bataille, un porche en pierre à trois portes et quatre piliers fut érigé au pied de la montagne, et un cimetière, une tour commémorative et un pavillon pour les soldats tombés au combat furent également construits au sommet. Un escalier de pierre de 331 marches mène du porche au sommet. Des personnalités militaires et politiques du Kuomintang, telles que Chiang Kai-shek, firent graver des mots, des distiques ou des inscriptions sur le monument pour commémorer cette bataille. Chaque année, aux alentours de la fête de Qingming, de nombreux étudiants et citoyens viennent s'y recueillir et nettoyer les tombes.